Gustave Courbet n'est pas seulement un homme de talent c'est aussi un artiste engagé. Fidèle à l'idéal républicain ainsi qu'à ses convictions socialistes il refuse la légion d'honneur proposée par Napoléon III.
A la suite de la proclamation de la République, le 4 septembre 1870, il propose, en qualité de Président de la comission des musées et délégué aux beaux arts, de déplacer la colonne Vendôme, monument évoquant les guerres Napoléoniennes, aux Invalides.
Son soutient à la commune de Paris lui vaut d'être élu au conseil de la commune lors des élections complémentaires du 16 avril 1871.
Le sort du peintre est intimement lié à celui de la colonne vendôme que la commune décide d'abattre, et non de déboulonner, le 12 avril 1871.
Le peintre gagnera, malgré lui, la réputation d'un ignoble "déboulonneur" ce qui aura pour conséquence de causer sa perte.
On ne peut pas reprocher à Courbet d'avoir contresigné ce décret, vu que le 12 Avril, il ne fait pas encore parti de la commune. Texte du décret du 12 Avril 1871 :
« Considérant que la colonne impériale de la place Vendôme est un monument de barbarie, un symbole de force brute et de fausse gloire, une affirmation du militarisme, une négation du droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus, un attentat perpétuel à l’un des trois grands principes de la République française, la Fraternité,Décrète Article unique : la colonne Vendôme sera démolie. »
La colonne est abattue, le 16 mai 1871, en tombant sur un lit de fumier que le peintre affirmera plus tard, pour sa défense, avoir disposé pour amortir la chute.
Montrant sa désapprobation contre certaines actions des communards, comme l'exécution de Gustave Chaudet*, il donne sa démission en mai 1871.
* Gustave Chaudey est un magistrat, homme politique, exécuté pour avoir donné l'ordre, le 22 janvier 1871 en tant que maire adjoint, de tirer sur la foule.
Ce qui ne l'empêche pas, une fois la commune mâtée par les Versaillais, d'être arrêté en Juin 1871 et d'être condamné, par le conseil de guerre, à six mois de prison et 500 Francs d'amende ainsi qu'aux frais de reconstruction de la colonne s'élevant à 321 091 Francs et 68 Centimes.
Lorsqu'en mai 1873 la décision est prise de recontruire la colonne Vendôme, le nouveau Président de la République, Mac Mahon, présente au peintre la note des travaux. Cette décision entraîne la mise sous séquestre de ses biens, la confisquation et la vente de ses toiles, acculant Gustave Courbet à la ruine puis à l'exil en Suisse.
Quant à la colonne, l’Assemblée nationale ayant adopté, le 30 Mai 1873, le projet de sa reconstruction elle est achevée d’être exécutée en 1875.
La statue, surmontant le monument représentant Napoléon en empereur romain, est l'oeuvre d'Auguste Dumont réalisateur, aussi, du Génie de la liberté surmontant la colonne de Juillet.
A bientôt pour de nouvelles histoires d'histoire...
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